samedi 9 février 2019

Les deux Tamar ou l'Abus

Dans la bible deux femmes portent le même nom.

Il s'agit de la brue de Judas et de la fille de David.

Ici, la règle est simple, il faut lire les deux histoires ensembles.

Dans la première, Tamar, lasse d'attendre l'enfant promis par Judas, lui tend un piège, fait avec lui un enfant et montre à tous que Juda est le père.






Dans la seconde histoire, un fils de David viole sa demi-soeur, refuse de se marier et la méprise.





 Le point commun est l'abus. L'abus de la femme sur l'homme, par Tamar qui fait un enfant dans le dos à Juda. Abus de l'homme sur la femme par Amnon qui viole Tamar.

Ce que soulignent ses histoires, c'est d'abord qu'il n'y a pas symétrie de l'abus de l'homme sur la femme et de la femme sur l'homme.
La femme est pour l'homme un piège qui peut se refermer sur lui s'il nait un enfant qu'il n'avait pas prévu.
L'homme est pour la femme un fléau qui peut s'abattre sur elle, la déshonorer, la rejeter et en faire une prostitué la laissant seule son  marmot sur les bras.

La sexualité humaine se trouve entre ces deux extrêmes.








vendredi 8 février 2019

La présentation au temple.






Les jours de leur purification se remplissent selon la tora de Moïse, ils l’amènent à Jérusalem pour le présenter en face de Dieu,

comme il est écrit dans la tora de Dieu:

Tout mâle fendeur de matrice sera appelé « Consacré à Dieu»,

et pour donner un sacrifice selon ce qui est dit dans la tora de Dieu :

une paire de tourterelles ou deux petits de palombes.


Code Civil


Salomon pour rendre justice doit faire apparaître la vérité parce que l’une ne saurait exister sans l’autre. Ce que confirme le Coran : Ô David, nous t’avons mis pour calife de la terre. Juge les humains avec vérité.

Justice et vérité sont une même chose, l’une ne saurait exister sans l’autre. Or il se trouve qu’avec nos lois sur le mariage pour tous, l’adoption et la PMA, nous en sommes arrivés à écrire dans l’état civil d’un enfant qu’il est né de deux mères. Bien sûr, il y a dans l’adoption une forme de mensonge en déclarant comme parents des personnes qui ne sont pas les vrais parents, mais l’adoption consiste à réparer une injustice plus grande encore qui est celle d’un enfant sans aucun parent. Il s’agit donc, dans l’acte d’état civil de recoudre une blessure en donnant des parents à celui qui n’en a pas. Or voilà que, plutôt que de recoudre une blessure, nous créons nous même la blessure en faisant naître des enfants et nous masquons notre forfait par un mensonge absolu, déclarant que l’enfant pourrait avoir deux mères. Chose qui n’a jamais existé et n’existera jamais.

Or l’acte d’état civil est un acte de justice, la première brique, le fondement de l’institution judiciaire puisque c’est à partir de l’état civil que s’organise toute propriété sur le territoire, Et nous voila inscrivant ce mensonge absolu dans cette première brique de l’institution judiciaire ? La vérité devient arbitraire, elle n’a pas à être corrélée avec la réalité, il suffit qu’elle soit décidée et vogue la galère.

Cela va sans dire, mais c’est mieux en le disant, la question ne se pose pas du tout de la même façon pour le père. La mère est unique et singulière tandis que la fonction paternelle est multiple et toujours portée par plusieurs hommes, que cela soit le père biologique ou le maître d’école. L’absence d’Haran est compensée par la présence de Terach. L’homme peut avoir plusieurs pères, mais il n’a qu’une seule mère.

jeudi 7 février 2019

Le jugement de Salomon



On se souvient que deux femmes se disputaient un nouveau-né parce que l’enfant de l’une d’elle était décédé pendant la nuit. Elles furent conduites devant Salomon pour qu’il tranche leur litige. Coupez-le en deux, ordonna-t-il. Se révèle alors, la mère et l’affabulatrice.

Bien évidement Salomon n’avait pas plus l’intention de couper le bébé en deux que Dieu n’avait celle de faire égorger Isaac. Il s’agit, ici comme là, d’une mise à l’épreuve dans le but de faire apparaître la vérité : qui est le vrai père ? Celui qui ne refuse pas son enfant à Dieu. Qui est la vraie mère ? Celle qui est prête à se sacrifier pour que l’enfant vive.

Tout Israël apprit le jugement que le roi avait prononcé. Et l'on craignit le roi, car on vit que la sagesse de Dieu était en lui pour le diriger dans ses jugements. 1 roi 3 :28
Le but de cette anecdote est de montrer en Salomon l’exemple de la justice, mais le litige qu’on lui donne à juger n’est pas anecdotique. Le lot du juge est de trancher des questions de propriété. Ici, il s’agit de savoir à qui appartient l’enfant. Ce qui fait la propriété c’est l’enfant. Ce que rappelle Abram en genèse 15 : Voici, tu ne m'as pas donné de postérité, et celui qui est né dans ma maison sera mon héritier.
Abraham a besoin de transmettre, sans quoi sa vie n’a pas de sens.  Et pour transmettre, il lui faut le fils. Pas de propriété sans transmission, pas de transmission sans fils.
Ici, il s’agit de prostitués, pour des femmes mariées la question ne se posait pas : la femme habiterait dans la maison du père et l’enfant lui appartiendrait. Ici le père apparait entre les femmes, sous les traits de Salomon et de son épée.

On a pu lire que Salomon désignait la mère comme celle aimant l’enfant indépendamment de la réalité biologique, or il n’en est rien : Salomon veut faire apparaître la vérité et la vérité est que la mère biologique est celle qui aime l’enfant. Il n’y a pas chez Salomon cette dissociation qui voudrait séparer l’amour du biologique, il y a au contraire cette idée que l’amour révèle le biologique.

Un autre enseignement est à tirer : Salomon est confronté à une question dont il sait qu’il existe une réponse absolue. Chaque enfant possède une mère et une seule mère dont on a la certitude absolue par le fait que l’enfant passe entre les cuisses d’une seule femme. Le thème du jugement fait partie des rares choses humaines sur lesquels n’existe aucune incertitude. Ce que soulignait le droit romain Mater semper certa est, règle irréfragable, c’est à dire ne souffrant d’aucune contradiction et qui veut la mère de l’enfant soit toujours connue. Un enfant ne peut avoir deux mères et ne saurait être partagé entre deux femmes. C’est ce que l’on croyait jusqu’à il y a peu, il y a vingt ans encore, et voilà qu'un  enfant peut maintenant avoir, deux, trois ou quatre mères.

Nous sommes donc passés d’une règle de droit irréfragable à quelque chose de complètement évasif. Pourtant, y a-t-il eu quelque chose de changé ? Est-ce que les moyens de la technique changent l’humain ? S’il faut dire que ce qui se passe avec Sarah est déjà de la GPA, alors il faut dire que les moyens de la technique n’ont rien changé de ce qui existait déjà dans les faits et ce qui était répréhensible avant, le fait de s’approprier l’enfant d’une autre, n’a pas de raison de ne plus l’être quand la technicité se contente au final de recouvrir l’acte d’un vernis de froideur scientifique.

lundi 4 février 2019

Sarah et Rachel, ou la GPA.





Saraï était stérile


Or Saraï était stérile et voilà qu’elle eut l’idée lumineuse de faire avoir un enfant à sa servante Hagar.

Laissons à Philon le récit de l’aventure, il le fait par la voix de Saraï :


Depuis longtemps nous avons vécu ensemble, nous chérissant l’un l’autre. Mais ce pour quoi nous-mêmes sommes accordés et pour quoi la nature a harmonisé l’union de l’homme et de la femme, c’est-à-dire la procréation des enfants, cela n’a pas été réalisé et ne peut plus être espéré, du moins pour moi qui ai maintenant dépassé l’âge. Mais ne soyez pas victime de ma stérilité ; n’allez pas renoncer, par amour pour moi, à être le père que vous pouvez être. Car je n’aurais aucune jalousie à l’égard d’une autre femme que vous prendriez non par désir capricieux, mais pour accomplir l’exigeante loi de la nature. Aussi ne tarderai-je pas à vous amener une femme qui suppléera à mon insuffisance. Et si les prières que nous faisons pour obtenir que naissent les enfants trouvent une réponse, ce seront bien les votre par filiation légitime, mais par adoption ils seront pleinement à moi. Et pour que je ne puisse être soupçonnée de jalousie, si vous le voulez, prenez une de mes servantes, qui a un corps d'esclave mais une pensée libre et noble, dont j'ai fait l'expérience depuis longtemps, du jour où elle a été pour le première fois amenée dans ma maison, Egyptienne de race, mais juives dans ses sentiments.
Le texte de Philon, bien que globalement fidèle, enjolive le récit. On y lit la dévotion de Philon envers Saraï à qui il doit tout pardonner au point d'ignorer complètement que l'affaire finira mal.
En effet, Sarah non contente d'avoir jeté Hagar dans les bras d'Abram, fera chasser la mère et l'enfant, dans le désert, les condamnant à une mort certaine.
L’affaire peut paraître banale puisqu’il n’est pas rare qu’un homme, à défaut d’avoir eu des enfants avec une première femme, en prenne une deuxième en vue de remédier au problème et de s’assurer une descendance.
D’aucuns ont voulu voir dans la bible une caution à la GPA. Pour preuve, en Israël elle est autorisée depuis 1996 et les rabbins orthodoxes ont donné leur aval puisque les Mères l’avaient elles-mêmes pratiquées. Quelqu’un titre sur le site « doctossimo », "La GPA dans la bible c’est permis."

Cette blague !

 Effectivement le texte biblique a son mot à dire sur cette question-là et c’est beaucoup moins glamour que ne le veut Philon.

Reprenons.

Et Saraï dit à Abram : Voici, l'Eternel m'a rendue stérile; viens, je te prie, vers ma servante; peut-être aurai-je par elle des enfants. (Genèse 16:2)

Rachel sera plus explicite sur la nature du projet : il faudra qu'on ait l'impression que l'enfant sorte entre ses cuisses afin qu’on dise que c'est le sien.  

Elle dit : Voici ma servante Bilha; va vers elle; qu'elle enfante sur mes genoux, et que par elle j'aie aussi des fils. (Genèse 30:3)

Parlons un peu de Bilha. Elle est comme Zilpa ou Hagar, jamais un mot ne sera prononcé par sa bouche, elle n’a pas voix au chapitre et subit. Elle est servante/esclave, donnée en cadeau avec Zilpa, par Laban, le père des sœurs Rachel et Léa. On ne pense pas qu’elle eut son mot à dire, quand elle fut mise dans le trousseau de  Rachel. Et Rachel l’utilise à son gré et veut même usurper le produit de son corps. La relation qui unit chacune de ces trois femmes aux trois "mères porteuses" est-celle de maître à esclave.

Bilha n’a pas de reconnaissance posthume : pour le talmud, elles ne font pas partie des Imahot, les Mères. Seule Sarah, Rebecca, Léa et Rachel ont droit à ce titre, pas de Tombeau ni de tombe, pour les sacs à mômes que sont Bilha et Zilpa.

Donc oui, la bible cautionne la GPA comme elle cautionne l’esclavage. 

Après c’est une question de choix.

L’histoire nous montre quatre femmes qui n’ont pas d’autres soucis que de faire des enfants à leur mari. Peu importe les moyens, cela semble leur unique objectif. De plus, ce qui compte dans la bible, c’est la descendance du père. La généalogie est masculine, c’est toujours fils de.
Sarah, Rebecca et Rachel sont appelés les »mères », des mères qui débordent sur Hagar, Bilha et Zilpa. Pour ces femmes, il semble que leurs ventres soient interchangeables puisque toute la valeur est dans le germe, le sperme de l’homme.

Pourtant la bible est formelle, le rêve de ces femmes ne se réalise pas, le texte biblique ne produit pas de faux papier déclarant que le fils de Bilha est fils de Rachel.
Jamais.
 Les enfants sont nommés avec leur mère respective.
Toujours.

Dans la généalogie des enfants le lien de filiation avec leur mère-servante n’est jamais supprimé comme ils ne sont jamais séparés de leur mère.

Quand Hagar est chassé au désert, elle part avec son fils. Il n’y a pas de mère porteuse dans la bible parce qu’il n’y a pas cet acte qui consiste à séparer l’enfant de sa mère. Parler de GPA pour ce qui se passe dans la bible est abusif. Il y a peut-être une mère d’intention, celle qui espère avoir un enfant à travers une autre, mais ce vœu ne se réalise pas. L’enfant nait mais garde sa mère.      
Aussi, comme pour la prostituée du jugement de Salomon, le projet de Saraï est voué à l'échec parce que l'enfant a une mère avec qui elle rentre en conflit dès qu'elle est enceinte.

Il alla vers Agar (Hagar), et elle devint enceinte. Quand elle se vit enceinte, elle regarda sa maîtresse avec mépris. 

Il est assez facile de comprendre ce qui se passe. En devenant enceinte, Hagar change de statut et l’ordre hiérarchique qui prévalait est chamboulé. Hagar qui était esclave acquière au travers de la maternité un statut supérieur à sa maîtresse qui enrage alors de jalousie. Non seulement elle se dispute avec Abram mais Ismaël ne deviendra jamais son fils et c’est elle-même qui finira par demander son expulsion en disant qu’il ne doit pas prendre part à l’héritage.
et elle dit à Abraham : Chasse cette servante et son fils, car le fils de cette servante n'héritera pas avec mon fils, avec Isaac.
Cette déclaration vaut « Ismaël n’est pas mon fils » alors que quelques mois plutôt elle avait voulu ce fils. Peut-être aurai-je par elle des enfants, pensait-elle.


samedi 2 février 2019

Sarah, Rebecca, Rachel et les autres. Stérilité ou la femme comme utérus




Abraham pria Dieu, et Dieu guérit Abimelek, sa femme et ses servantes; et elles purent enfanter. Car l'Eternel avait frappé de stérilité toute la maison d'Abimelek, à cause de Sarah, femme d'Abraham.




Pourquoi Dieu inflige la stérilité aux femmes d'Abimelek ?
Pourquoi la responsabilité de ce calvaire ait-il imputé à Sarah ?
Difficile à dire.

On nous a dit de Sarah qu'elle était elle-même stérile et qu'elle essaya de détourner les règles habituelles pour obtenir un enfant.

Avec l’échec cuisant que l'on connait.


Dans la bible, cinq autres femmes, six en ajoutant celle de la bible chrétienne sont des femmes stériles qui enfanteront :


Sarah femme d'Abraham, et mère d'Isaac,
Rebecca femme d'Isaac, et mère d'Esaü et de Jacob,
Rachel femme de Jacob, et mère de joseph,
l'épouse de Manoah et mère de Samson,
Anne femme d'Elkana, et mère de Samuel,
puis la sixième de la bible chrétienne, Elisabeth femme de Zacharie, et mère de Jean baptiste.

Nous laisseront les trois dernières qui relève de la naissance miraculeuse, alors que ce qui nous intéresse ici c'est la question de la maternité.

Il y a trois autres femmes qui, sans être stériles, ont des difficultés pour enfanter en raison de l'absence d'homme. Il s'agit des filles de Loth, parce qu'elles vivent dans un monde où les mâles ont été exterminés par la colère divine, de Tamar, belle-fille de Juda, veuve sans enfant et Ruth, veuve sans descendance en exil.

Chacune de ses femmes trouveront à enfanter, soit que Dieu les délivre d'une stérilité qui les affligeait soit qu'elles trouvent solution à l'absence de mâle.

Or voici que ces femmes qui se laissaient marier à Pierre Paul ou Jacques sans moufter, voilà qu'elles se mettent à parler.

A parler de quoi ?

A parler d'enfantement

Parole de femmes, donc. :


Eve :

Adam connut Eve, sa femme; elle conçut, et enfanta Caïn et elle dit : J'ai formé un homme avec l'aide de l'Eternel.

Fille de Loth :

L'aînée dit à la plus jeune : Notre père est vieux; et il n'y a point d'homme dans la contrée, pour venir vers nous, selon l'usage de tous les pays. Viens, faisons boire du vin à notre père, et couchons avec lui, afin que nous conservions la race de notre père.

Saraï :

Et Saraï dit à Abram : Voici, l'Eternel m'a rendue stérile; viens, je te prie, vers ma servante; peut-être aurai-je par elle des enfants.

Rachel :


elle dit à Jacob : Donne-moi des enfants, ou je meurs !

Les femmes à propos de Ruth :

 Les femmes dirent à Naomi : Béni soit l'Eternel, ... Cet enfant restaurera ton âme, et sera le soutien de ta vieillesse; car ta belle-fille, qui t'aime, l'a enfanté, elle qui vaut mieux pour toi que sept fils. 16 Naomi prit l'enfant et le mit sur son sein, et elle fut sa garde. Les voisines lui donnèrent un nom, en disant : Un fils est né à Naomi ! Et elles l'appelèrent Obed. Ce fut le père d'Isaï père de David.

Nous nous souvenons que Dieu avait rappeler à Eve son destin de mère :

Il dit à la femme : J'augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi.

Une question se pose. On nous accuse sans cesse, nous les machos, chaque fois que nous parlons de mères, de réduire la femme à son utérus, mais à entendre ces paroles, ne pouvons nous pas penser que ce sont d'abord les femmes elles-mêmes qui se pensent comme utérus. ?


Samson et les portes de Gaza. Visite à Hébron.

     Samson et les portes de Gaza. Visite à Hébron. Avant que Samson n'écroule les colonnes du temple, préfaçant les attent...